Accueil Date de création : 18/03/07 Dernière mise à jour : 01/09/08 08:27 / 1862 articles publiés
 

Acoustique

Musique Oriental suite  (Acoustique) posté le jeudi 31 mai 2007 21:43

La musique classique européenne est bâtie sur deux modes: le majeur et le mineur. Le mode est la manière d'être de. la gamme. Chaque mode donne sa couleur à la composition : Le majeur est plus clair, plus affirmatif ; le mineur est plus mélancolique, plus incertain. Pour distinguer une gamme majeure d'une gamme rnineure on se réfère à la composition des deux premiers intervalles de la gamme. Si les deux premiers intervalles se composent de deux entiers, la gamme est majeure ; si par contre les deux premiers intervalles se composent d'un ton suivi d'un demi-ton, la gamme est mineure. C'est une règle simple et facile à retenir.

Il n'en est pas de même dans.la musique orientale. Dans cette dernière, la composition du mode que l'on appelle maqam, n'est pas régie par une règle générale mais plutôt par l'usage.

Les intervalles d'une gamme peuvent être répartis de mille façons différentes de manière à former des modes différents. En fait les théoriciens connaissent jusqu'à 96 modes ou maquam différents ; mais peu s'en faut que tous soient employés. Au Liban on en pratique une vingtaine. Le nombre est différent dans d'autres pays de la région. Des maquams usités dans un pays, ne le sont pas dans les autres pays voisins et inversement. Des maquams portant le même nom, diffèrent dans leur composition, suivant les pays.

Dans la musique occidentale classique le rythme est déterminé par le nombre de temps compris dans une mesure; ces temps sont marqués par la mélodie elle-même - soit plus souvent par son accompagnement harmonique soit par les deux.

Dans la musique orientale il n'en est pas de mêrne. Celle-ci est essentiellement mélodique et ne comporte pas d'harmonie. Quand plusieurs instruments jouent ensemble, ils jouent à l'unisson. Le rythme est alors marqué par des instruments à percussion : grands ou petits tambours, appelés darbuccah et noquayrat, et tambour de basque appelé daff. Certains de ces instruments rendent un battement sourd qu'on appelle dum et d'autres rendent un battement clair qu'on appelle tek. Les dum et les tek ne se succèdent pas régulièrement comme dans le temps de la musique occidentale, mais suivant des figurations variées ; par exemple: dum, dum, tek, dum, tek; ou bien: dum, tek, dum, tek, dum, dum, tek, etc...

Il faut ajouter que le dum et le tek peuvent être de durée différente; le dum peut être long et le tek, plus court et inversement; ou bien il y a un dum long, un dum court, et un tek court etc...

On voit à quelle variété de combinaisons rythmiques on peut atteindre avec de l'imagination ; et on conçoit également l'importance qu'a le rythme dans la musique orientale puisqu'il constitue son unique accompagnement.

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La Musique Oriental  (Acoustique) posté le jeudi 31 mai 2007 21:44

Quant aux instruments utilisés par les musiciens orientaux, et particulièrement ceux composant un orchestre les principaux sont

Le luth (El-Aoud)qui comporte une caisse de résonnance de forme allongée sur laquelle sont tendues cinq cordes doubles que l'exécutant pince à l'aide d'une plume.

Le tambour, (qui n'est pas un tambour) mais une sorte de mandoline allongée, et qui constitue un instrument plutôt populaire.

Le quanoun qui se compose d'une table triangulaire sur laquelle se trouvent tendues 72 cordes. L'exécutant pose cette table sur ses genoux et pince les cordes à l'aide de deux anneaux fixés à l'index de chaque main et au bout desquels se trouve fixé un morceau de corne.

Le santour qui ressemble au quanoun comme forme mais dont on frappe les cordes à l'aide de deux baguettes, au lieu de les pincer.

Le violon que vous connaissez tous, mais qui est accordé par les musiciens orientaux d'une manière différente (2).

Le rabab est un instrument composé d'une ou deux cordes tendues le long d'un manche cylindrique cloué à une espèce de calebasse, et que l'on fait vibrer à l'aide d'un archet en forme d'arc.On a pu voir en Orient, moins fréquemment aujourd'hui ces violoneux qui parcourent les rues en jouant des airs populaires sur une seule corde : le rabab c'est à peu près cela.

Le naiest certainement un des plus anciens instruments de l'humanité : c'est une flûte rudimentaire composée d'un roseau percé de trous.

Enfin la darbuccah, et les noquayrat ou tambours et le daff ou tambour de basque composent la batterie, qui marque le rythme.

Comme on-le constate, le piano qui est le principal instrument de la musique occidentale n'a rien à voir dans la musique orientale.

Pour terminer cet aperçu technique il resterait à dire quelques mots des divers genres de compositions pratiqués par les musiciens orientaux.

La plus grande partie de la musique orientale que nous connaissions aujourd'hui est écrite pour chant.

Les divers genres pour chant sont:

1. - El-dor: un soliste chante des couplets écrits sur une poésie de genre populaire, et le choeur avec l'orchestre reprennent le refrain.

2.- Le chant du Ya-leildans lequel le chanteur répète à satiété les mêmes mots.

3 - El-Quassidah: qui est un chant composé sur une poésie et qui n'est astreint à aucun rythme. Le chanteur le débite suivant l'inspiration du moment.

4.- El-Taktouka: qui est une chansonnette sur la forme du dor :

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La Musique Oriental  (Acoustique) posté le jeudi 31 mai 2007 21:46

Les compositions de musique instrumentale sont:

1) El-Taqsimqui est une improvisation, pour un instrument.

2) El-Bachra qui est la véritable composition instrumentale orientale qui s'écrit pour un instrument ou un groupe d'instruments: il se compose souvent de quatre couplets après chacun desquels se répète un refrain.

Ces divers genres de composition sont plus particulièrement usités au Liban mais aussi en Egypte, en Palestine et en, Syrie. Dans les autres contrées de la région, on rencontre des genres différents. Ainsi en Afrique du Nord le genre en honneur est la Nouba. C'est un genre qui s'est développé en Andalousie lors de son occupation par les Arabes et qui, de là, a passé en Afrique du Nord. Une nouba se compose de nombreuses parties alternées pour chants et instruments.,

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La Musique Oriental  (Acoustique) posté le jeudi 31 mai 2007 21:47

On peut constater que les caractéristiques essentielles de la musique orientale sont les suivantes :
- La musique orientale est homophonique, c'est-à-dire qu'elle ne comporte pas, d'harmonie.
- La gamme orientale a 24 intervalles.
- Les modes orientaux sont nombreux et différents du majeur et mineur des occidentaux.
Le problème de l'évolution de la musique orientale est intimement lié à, l'étude de ces caractéristiques : en effet le grand problème qui se pose aujourd'hui pour le composgeur oriental soucieux du progrès de cette musique est le suivant : faut-il introduire la polyphonie dans la musique orientale? en d'autres termes faut-il l'harmoniser?

En on jettant un regard sur l'histoire de la musique européenne on constate qu'elle a lentement évolué de l'homophonie la plus élémentaire à l'harmonie la plus complexe.

D'abord c'est la mélodie à l'état pur. Puis l'on commence à accompagner cette mélodie par une autre voix exactement la quinte inférieure. Puis l'harmonie classique se forme et donne la musique européenne pendant plus de trois siècles ; enfin l'l'harmonie moderne si riche et si variée s'introduit.

Pourquoi, cette évolution du simple au complexe ne s'est-elle pas produite dans la musique orientale? Parce que, disent les uns, la mélodie pure convient mieux au tempérament des peuples de l'Orient, que la musique polyphonique.

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La Musique Oriental  (Acoustique) posté le jeudi 31 mai 2007 21:49

Il est vrai que la mélodie en elle-même présente de grandes beautés ; mais ce n'est pas une raison pour écarter l'harmonie, du moment que la mélodie peut très bien sauter avec elle et en être embellie.

Pour notre part, nous penchons pour l'avis du compositeur français Bourgault-Ducoudray qui avait beaucoup étudié les modes anciens et qui écrivait, il y a déjà de cela près de 100 ans.

"Les orientaux dont la musique a été immobilisée jusqu'ici dans une longue stagnation, comprendraient quel élément fécond-et régénérateur elle doit trouver dans la polyphonie moderne. La musique européenne, déjà fatigué par un développement excessif de son majeur et de son mineur, puiserait des éléments nouveaux de combinaison et des moyens d'expression encore inexploités dans l'adaptation de 1'harmonie aux modes antiques...De ce mouvement aillira un art original et progressif dont l'avènement ouvrira de nouveaux horizons à la musique d'occident".

Je crois que l'on pourrait difficilement discuter cette opinion. La polyphonie apporte un tel élément de richesse et de variété, qu'on ne pourrait admettre une évolution de la musique sans elle.

En réalité la principale raison pour laquelle la musique orientale n'a pas évolué vers la polyphonie, c'est la complication de son échelle musicale qui se compose de 24 quarts de tons. Ceux qui ont étudié la musique européenne savent la difficulté de l'étude d'un instrument tel que le piano ou le violon, et le nombre d'années de travail nécessaires pour arriver à le maîtriser. Que serait-ce si, au lieu de douze demi-tons l'instrumentiste se trouvait en face de 24 quarts de ton? Il continuerait à exécuter ce que les musiciens orientaux ont toujours exécuté : des mélodies relativement simples, mais jamais de lignes compliquées.

On a imaginé et réalisé, il y a une vingtaine d'années un piano à quarts de ton. Mais après la réalisation de ce piano tout restait à faire ; car outre la technique nouvelle nécessitée par ce piano, il fallait créer l'harmonie avec des quarts de ton. Arrivé là, il semble que la difficulté devient insurmontable : avec douze demi-tons l'harmonie européenne atteint déjà à une richesse de combinaisons énorme et sans cesse renouvelée.

D'autre part avec cette complexité augmentent les difficultés d'écriture et d'exécution. Si alors on impose au compositeur l'écriture musicale avec 24 quarts de ton, il y a toutes les chances qu'il renonce à faire de l'harmonie.

Faut-il donc renoncer à la gamme orientale et à ses 24 quarts de ton, rejeter tout ce passé de mélodies subtiles, et adopter purement et simplement la gamme européenne? Jusqu'à ce jour la majorité des compositeurs orientaux ont hésité devant cette solution.

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