La musique classique européenne est bâtie sur deux modes: le majeur et le mineur. Le mode est la manière d'être de. la gamme. Chaque mode donne sa couleur à la composition : Le majeur est plus clair, plus affirmatif ; le mineur est plus mélancolique, plus incertain. Pour distinguer une gamme majeure d'une gamme rnineure on se réfère à la composition des deux premiers intervalles de la gamme. Si les deux premiers intervalles se composent de deux entiers, la gamme est majeure ; si par contre les deux premiers intervalles se composent d'un ton suivi d'un demi-ton, la gamme est mineure. C'est une règle simple et facile à retenir.
Il n'en est pas de même dans.la musique orientale. Dans cette dernière, la composition du mode que l'on appelle maqam, n'est pas régie par une règle générale mais plutôt par l'usage.
Les intervalles d'une gamme peuvent être répartis de mille façons différentes de manière à former des modes différents. En fait les théoriciens connaissent jusqu'à 96 modes ou maquam différents ; mais peu s'en faut que tous soient employés. Au Liban on en pratique une vingtaine. Le nombre est différent dans d'autres pays de la région. Des maquams usités dans un pays, ne le sont pas dans les autres pays voisins et inversement. Des maquams portant le même nom, diffèrent dans leur composition, suivant les pays.
Dans la musique occidentale classique le rythme est déterminé par le nombre de temps compris dans une mesure; ces temps sont marqués par la mélodie elle-même - soit plus souvent par son accompagnement harmonique soit par les deux.
Dans la musique orientale il n'en est pas de mêrne. Celle-ci est essentiellement mélodique et ne comporte pas d'harmonie. Quand plusieurs instruments jouent ensemble, ils jouent à l'unisson. Le rythme est alors marqué par des instruments à percussion : grands ou petits tambours, appelés darbuccah et noquayrat, et tambour de basque appelé daff. Certains de ces instruments rendent un battement sourd qu'on appelle dum et d'autres rendent un battement clair qu'on appelle tek. Les dum et les tek ne se succèdent pas régulièrement comme dans le temps de la musique occidentale, mais suivant des figurations variées ; par exemple: dum, dum, tek, dum, tek; ou bien: dum, tek, dum, tek, dum, dum, tek, etc...
Il faut ajouter que le dum et le tek peuvent être de durée différente; le dum peut être long et le tek, plus court et inversement; ou bien il y a un dum long, un dum court, et un tek court etc...
On voit à quelle variété de combinaisons rythmiques on peut atteindre avec de l'imagination ; et on conçoit également l'importance qu'a le rythme dans la musique orientale puisqu'il constitue son unique accompagnement.





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